La Dame de Saint-Lunaire

La Chronique confinée

La Dame de Saint-Lunaire
La Dame de Saint-Lunaire
Agathe Oléron, la réalisatrice du film, partage avec vous quotidiennement un élément inédit de l’histoire de Jeanne Devidal.
La Dame de Saint-Lunaire
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Voici le point de vue du jardin des voisins Ty Minouck (famille de Cédric Jamet) sur la construction de Jeanne Devidal en 1988.

On y voit la souche du cèdre qui s’était « couché » sur la Villa Houlala lors de la tempête de 1987 (cf Chronique du 13 mai 2020).

© Photographie d’Olivier Tric, mars 1988, boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire

 

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Maintenant que nous sommes déconfinés, il vous sera peut-être possible de voir à quel point la construction actuelle du boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire ressemble à la première maison de Jeanne Devidal, la Villa Houlala achevée en 1950.

Ici, sur la photographie de gauche, on retrouve bien, sous toutes ces couches retirées, le pavillon central qu’elle avait fait construire en 1950 et dont je vous ai montré les plans dessinés par elle-même en 1949 (cf Chronique du 31 mars 2020) : regardez la forme des ouvertures, leur emplacement… Ce sont bien les mêmes que ceux d’aujourd’hui.

© Famille Devidal et Agathe Oléron

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Voici 3 dessins de Jeanne Devidal disposés côte à côte pour des besoins d’insertion dans mon film « La Dame de Saint-Lunaire ». Il s’agit à nouveau de 3 dessins au crayon bic et au crayon à papier au dos des cartes de sa boutique « Chez Jeannette », comme présentés lors de mes chroniques précédentes (1er mai, 28 mars, etc.), au format 118×79 mm. © famille Devidal
J’y vois des personnages de tragédies grecques et au centre un ange… Mais peut-être les ai-je disposés à l’envers ? A vous de me dire ce que vous y voyez…
Très Bonne Soirée !

 

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Voici Jeanne Devidal, tout à gauche sur la photo de gauche (et en haut avec son petit béret sur la photo de droite), en visite sur un autre site d’Art Brut : celui des Rochers sculptés de l’Abbé Fouré à Rothéneuf !
En mars 1992, alors qu’elle vit depuis un an au foyer logement de Saint-Briac-sur-Mer, Pierre-Frédéric et Mercedes Proteau, ses neveux, lui rendent visite et vont en balade à Saint-Malo ! Jeanne a alors 84 ans : est-ce la première fois qu’elle visite ce site d’Art Brut incontournable qui n’est pourtant qu’à une vingtaine de kilomètres de chez elle ?

 

© Famille Devidal

 

 

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Saviez-vous que les 15 et 16 octobre 1987, une tempête d’une extrême violence a frappé le nord-ouest de la France, puis l’Angleterre ? Des vents jusqu’à 220 km/h ont dévasté la Bretagne et la Normandie, tué 15 personnes en France et 19 en Angleterre.
A Saint-Lunaire, villa Houlala, un immense cèdre s’est abattu sur la maison de Jeanne Devidal…

Extrait de l’Expertise concernant l’immeuble de Mademoiselle DEVIDAL, Boulevard des Tilleuls à SAINT-LUNAIRE, arrêté du 15 octobre 1990 : « Un arbre important a été déraciné lors d’une récente tempête, et il s’est appuyé sur la façade arrière de l’ancienne maison. »

© Photographie d’Olivier Tric, mars 1988, boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire

 

 

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Toujours chez Jeanne Devidal : Villa Houlala, Saint-Lunaire, printemps 1988
Encore une preuve supplémentaire de sa très grande créativité !
N’est-ce pas magnifique ?

© Photographie d’Olivier Tric, mars 1988, boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire

 

 

 

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Restons « confinés » encore quelques jours chez Jeanne Devidal : Villa Houlala, Saint-Lunaire, printemps 1988…
Regardez toute l’harmonie et le rythme mis dans la disposition de ces claustras de bois et de ses bûches ! Une véritable artiste !

© Photographie d’Olivier Tric, mars 1988, boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire

 

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Entrons ce soir dans la maison de Jeanne Devidal : Villa Houlala, Saint-Lunaire, printemps 1988…
Je vois sur le mur de droite, sous la fenêtre, comme un nouveau bas-relief sculpté dans le ciment… Je vois à gauche une fourche de bois qui soutient gracieusement des étagères…

© Photographie d’Olivier Tric, mars 1988, boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire

 

 

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Découvrons ce soir un nouveau dessin de Jeanne Devidal, sans doute réalisé sur une photographie… Personnellement, je l’ai nommé « les deux sœurs »…

© Famille Devidal

 

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Tout d’abord, Un Grand Merci à l’association des Amis de Saint-Lunaire pour leur participation financière à la création de notre Coffret DVD de « La Dame de Saint-Lunaire » !!!

Si vous souhaitez vous aussi nous aider ou pré-acheter le Coffret DVD, rendez-vous sur notre site Web : https://ladamedesaintlunaire.fr/#coffret_dvd

Aujourd’hui, découvrons une lettre de Jean Fouéré, qui fut Maire de Saint-Lunaire de mai 1953 à mars 1965, lettre adressée à Madame Proteau, la sœur cadette de Jeanne Devidal, le 22 avril 1956. Jeanne avait du être hospitalisée à l’hôpital psychiatrique Guillaume Régnier, à Rennes, le 12 janvier 1956, à la demande de la Préfecture. Ce fut sa seule et unique hospitalisation en milieu psychiatrique. On lit dans cette lettre l’immense respect de Monsieur Fouéré pour Jeanne Devidal…

« Ville de Saint-Lunaire, le 22 avril 1956,

Madame,

Je vous remercie de m’avoir donné des nouvelles de mademoiselle votre sœur. Il y a une quinzaine de jours, j’avais écrit à Rennes au directeur de l’hôpital pour savoir comment elle allait. Celui-ci m’avait répondu qu’il y avait un mieux sensible mais qu’il craignait que le traitement ne se prolonge.

Je suis heureux de savoir par vous que son état continue à s’améliorer.

Nous veillons sur sa maison de notre mieux mais il aurait été utile qu’elle soit ouverte de temps à autre. Malheureusement, nous disposons de peu de liberté pour le faire et c’est assez délicat. Je ne crois pas cependant que rien ne s’abime. Comptez sur moi si vous avez besoin de quelque chose.

J’ai été bien peiné le jour où j’ai eu l’obligation d’exécuter la mesure prise par le Préfet mais celle-ci était nécessaire vu l’état de la maladie.

Veuillez Madame offrir à Mademoiselle votre sœur mes Meilleurs vœux de complet rétablissement et agréer mes respectueux hommages.

Signé : Jean Fouéré »

© archives Famille Proteau-Devidal

 

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En 2014, lors de mes recherches, alors que nous discutions de Jeanne Devidal, Madeleine Leblanc, ma Grand-Mère d’adoption à Saint-Lunaire, m’a dit se souvenir avoir lu un article de presse sur Jeanne Devidal construisant aux alentours de Brest dans la forêt…
Ma curiosité fut piquée à vif : Jeanne Devidal aurait construit une autre maison qu’à Saint-Lunaire ???
Je vous laisse lire cet article de Presse issu du Télégramme du 13 janvier 1959, article signé à l’époque par le tout jeune Daniel Yonnet !

© Article écrit par Daniel Yonnet – Le Télégramme du 13 janvier 1959

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Reprise de ma Chronique du 29 mars 2020, mais avec un nouveau dessin de Jeanne Devidal !

Été 2015, en fouinant leurs archives personnelles, la famille de Jeanne Devidal retrouve 45 cartons de la boutique “Chez Jeannette” (cf Chronique du 28 mars 2020) avec, aux versos de ces cartons, des dessins faits par leur Tante !
Ces dessins sont principalement réalisés au crayon à papier et au stylo bille bleu, parfois rehaussés au crayon de couleur violet ou vert. Leur format est celui du carton : 118 x 79 mm. Que représentent ces dessins ? On y devine des formes, des paysages mais surtout des visages… Voici l’un d’entre-eux !  © famille Devidal.

Aviez-vous déjà vu les dessins de Jeanne Devidal ? Saviez-vous que chez elle, elle peignait et dessinait en plus de construire et sculpter ?

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Saviez-vous que Jeanne Devidal a fêté ses 100 ans le 12 janvier 2008 au Foyer Logement de Saint-Briac-sur-Mer ?

© Articles de Presse : Le Pays Malouin et Ouest-France – 16 janvier 2008

 

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Voici ce soir un Plan de la Construction de Jeanne Devidal qui avait été dessiné par Maryvonne Michel et Mary Caillier lors de la réalisation de leur Mémoire de Maîtrise en Sciences du Langage à l’Université de Rennes en 1977-1978 ! Le titre de ce Mémoire : « La Maison de Saint-Lunaire ».
C’est grâce à Mary et Maryvonne que nous pouvons entendre la voix de Jeanne Devidal dans mon film « La Dame de Saint-Lunaire » car en plus de ce fabuleux Mémoire, des magnifiques photographies argentiques de Mary que nous avons pu découvrir tout au long de cette Chronique confinée, Mary et Maryvonne avaient enregistré Jeanne Devidal sur cassette audio à bande magnétique…
© Page 6 bis – « Plan – (rez-de-chaussée) » du Mémoire de Maîtrise de 1977-1978 : « La Maison de Saint-Lunaire » par Maryvonne Michel et Mary Caillier
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Je suis très touchée par tous vos très gentils retours d’hier soir sur mon film « La Dame de Saint-Lunaire » !

Ce soir, je vous propose de partager une nouvelle photographie de Mary Caillier prise en 1977 (cf chroniques des 20, 18 et 16 avril 2020) :  ce magnifique portrait de Jeanne Devidal se passe de commentaire !

Très Bonne Soirée !

© Photographie argentique de Mary Caillier, 1977

 

 

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Erratum : Voir ou revoir mon film « La Dame de Saint-Lunaire » sur la chaîne TV bretonne TVR,
c’est ce soir LUNDI 27 AVRIL 2020 à 21H UNIQUEMENT (je viens de le découvrir) !!!
Aujourd’hui, je partage avec vous cette fiche manuscrite que dès la fin du confinement vous pourrez retrouver à la Médiathèque du Centre Culturel Jean Rochefort de Saint-Lunaire ! L’article a sans doute été écrit par Irène Martin qui a également réalisé les photographies. Merci à Gwenola du Plessix de m’avoir fait prendre connaissance de ce précieux document au tout début de mes recherches, car c’est grâce à lui que j’ai enfin pu donner un nom à cette femme si fascinante : Mademoiselle DEVIDAL !
© Médiathèque de Saint-Lunaire – Photographie : Irène Martin
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Voir ou revoir mon film « La Dame de Saint-Lunaire »
sur la chaîne TV bretonne TVR : https://www.tvr.bzh/
LUNDI 27 AVRIL 2020 à 21H et à 23H,
c’est retrouver tous nos Supers-Témoins :
– les Rockeurs : Dominic Sonic & Tonio Marinescu,
– les Neveux : Véronique Bonnefont & Pierre-Frédéric Proteau,
– les Anarchitectes : Olivier Tric & André Sauvage,
– les Voisins : Cédric Jamet & Jean-Jacques Tanter,
– les Lunairiens : Caroline Demé, Michel Penhouët & Vincent Bouche,
– les Psychologues : Maryvonne Michel, Mary Caillier & André Sauvage,
– la Voisine de La Forest-Landerneau : Marie-Claire Scléar,
– les Pianistes : Mercedes & Pierre Frédéric – Duo Alonso de Proteau,
et la voix de Jeanne Devidal !!!

© Photogramme du film « La Dame de Saint-Lunaire » de Agathe Oléron

 

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Cette photographie a été prise lors des travaux de démolition de la construction de Jeanne Devidal en 1991. On retrouve bien, sous toutes ces couches retirées, le pavillon central qu’elle avait fait construire en 1950 et dont je vous ai montré les plans dessinés par elle-même en 1949 (cf Chronique du 31 mars 2020).
Pour tous ceux qui souhaitent voir ou revoir « La Dame de Saint-Lunaire », il sera rediffusé sur la chaîne bretonne TVR lundi 27 avril 2020 à 21H puis à 23H : https://www.tvr.bzh/
© Photographie de 1991 remise par Brian Hewitt
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Lorsque la construction de Jeanne Devidal fut en partie démolie en 1991, on a découvert que sur le poteau EDF jusqu’alors intégré dans ses murs, il y avait de gravé les mots « ÉPICERIE » et « CRÊPERIE » … Des année plus tard, les inscriptions étaient toujours lisibles ! Mais en 2014, les poteaux EDF du boulevard des Tilleuls ont été remplacés par des neufs…
Certains Lunairiens se souviennent avoir été prendre le thé dans la crêperie – salon de thé de Jeanne Devidal, comme par exemple Madame Citroën. Jeanne lui avait même montré certaines de ses toiles…

© Photographie 1991 : Famille Devidal – © Photographie 2012 : Agathe Oléron

 

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Comme quoi, il y avait bien des Tilleuls, boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire !!!

Sur cette photo, on en distingue un premier sur le trottoir… un second intégré à la construction de Jeanne Devidal !

© famille Devidal

 

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Saviez-vous que Jeanne Devidal utilisait énormément de matériaux neufs dans sa construction ?

Il me semblait, au début de mes recherches, qu’elle n’utilisait que des matériaux de récupération ou des matériaux fabriqués par elle-même. Très rapidement, j’ai reçu de nombreux témoignages de gens qui la voyaient passer devant chez eux avec sa brouette pour aller chercher ces matériaux neufs à pied jusqu’à Dinard, qu’elle ramenait ensuite à Saint-Lunaire ! Puis est venu le témoignage de Michel Penhouët qui m’a dit qu’en 1975, lors de son interview, elle lui avait montré de très nombreuses factures de ces matériaux qu’elle se faisait livrer directement chez elle (cf chronique du 30 mars 2020)… Ce n’est que plus tard, en découvrant les photographies de Mary Caillier, que j’ai pu constater ces empilements de briques et de parpaings neufs…

Sur cette photographie de 1977 réalisée par Mary, nous découvrons qu’elle avait également intégré le poteau EDF de la rue à sa construction !

© Photographie argentique de Mary Caillier, 1977

 

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Voici une nouvelle photographie de Mary Caillier prise en 1977 (cf chronique du 16/04/2020) où l’on voit Jeanne Devidal devant sa construction du boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire, en pleine action !
Pour rappel, cette photographie est également celle qui illustre le bel article de Manon Boquen sur Jeanne Devidal paru dans le magazine Causette N°110 de ce mois d’avril 2020 – rubrique La Foirfouille de l’Histoire : https://www.causette.fr/le-mag/lire-article/article-2653/jeanne-da-vidal-la-a-folle-de-saint-lunaire-a.html


© Photographie argentique de Mary Caillier, 1977

 

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Voici une photographie prise en 1981, boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire, devant la maison de Jeanne Devidal.
Nous voyons ici comment Jeanne Devidal fabriquait des briques de ciment qu’elle intégrait ensuite à sa construction…

© Photographie : Pascal Pignol, 1981.

 

 

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Aujourd’hui, retrouvons Jeanne Devidal en train de construire dans sa villa Houlala du boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire.
Saviez-vous qu’elle construisait de l’intérieur d’où cette fourche en bois qui lui permettait de construire sa façade sans sortir de chez elle ?
Elle n’aurait eu aucun mal à continuer son œuvre en période de confinement 😉 !
Cette photographie date de 1977 et a été réalisée par Mary Caillier lors de l’écriture du Mémoire de Maîtrise « La Maison de Saint-Lunaire » co-écrit avec Maryvonne Michel en 1977-1978 alors qu’elles étaient en études de Sciences du Langage à l’Université de Rennes 2.

 

© Photographie argentique de Mary Caillier, 1977

 

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Saviez-vous qu’il y avait un piano dans la construction de Jeanne Devidal ?
Un piano que peut-être certains d’entre vous ont eu l’occasion d’entendre jouer ?
Avis à tous vos témoignages !

© Photographie argentique d’une Lunairienne anonyme, 1991.

 

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Pour faire suite à ce document inédit de 1961 sur lequel était indiqué le nom que Jeanne Devidal avait donné à sa maison du boulevard des Tilleuls de Saint-Lunaire (Chronique du 12/04/2020), voici une photographie prise par la famille en janvier 1991 lors des travaux de démolition de la construction.
A côté d’une des portes, elle avait bien dessiné la houle dans le ciment et écrit en dessous : « La » / « Houle » / « La » / « La » : notes de musique et jeux de mots…
Le grillage posé devant rend la lecture difficile, mais on devine tout de même un peu cet autre bas-relief réalisé par Jeanne Devidal

© Famille Devidal

 

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Saviez-vous que Jeanne Devidal avait donné un nom à sa remarquable construction du boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire ?
Je vous laisse découvrir ce nom à la lecture de ce document inédit de 1961…

© famille Devidal

 

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Découvrons ce soir un nouveau dessin de Jeanne Devidal ! Et il y en aura d’autres…
Celui-ci est dessiné sur un feuillet de papier épais, plus grand que le dessin que je vous ai montré dans ma Chronique du 29 mars 2020…
Qu’est-ce qu’il représente ? Un personnage, sans nul doute… Est-il inspiré de ce livre “l’hôte inconnu” de Maurice Maeterlinck, qui était son livre de chevet ? Il ressemble étrangement à l’une de ces gravures sur bois de Louis-William Graux…

© Famille Devidal

 

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Hier, je vous disais qu’en octobre 1941, Jeanne était envoyée à Boucé, un petit village normand occupé par les Allemands, pour y exercer le métier de receveuse des postes. Elle et sa sœur aînée Léonie habiteront jusqu’à la fin de la guerre au-dessus du bureau de poste, rue de Carrouges.

Qu’ont-elles vécues toutes les deux là-bas ? Ont-elles été torturées ? Pourquoi Jeanne a-t-elle été mutée en Normandie ? Avait-elle un rôle dans la Résistance des PTT ?  Était-elle placée dans ce bureau de poste afin de détourner les courriers de dénonciations, afin d’être à l’écoute des informations reçues par ces Allemands qui occupaient le village ?

Peu avant la Libération, le 28 juin 1944, à la ferme Le Brasseur aux Riaux à Boucé, plusieurs maquisards sont arrêtés par la Gestapo, par des miliciens français et des SS. Le réseau des résistants de Boucé est démantelé et ses membres sont sauvagement massacrés, torturés puis fusillés avant d’être entassés dans une soue à cochons. Seul le Chef du Groupe F.F.I. de Boucé, Robert Chéradame, est prévenu à temps pour s’enfuir et se cacher avec sa femme et ses deux petites filles. Du 10 au 19 août 1944, le village de Rânes, situé à 10 kms de Boucé, est le théâtre de bombardements et de durs combats pour fermer le flanc sud-ouest de la poche de Falaise-Chambois. Le village lui-même a été libéré le 15 août, le jour du débarquement de Provence, au prix de nombreux morts et de destructions très importantes : une centaine de soldats américains tués, 45 civils tués, le bourg détruit à 80 % et de nombreux sinistrés…

Jusqu’à la fin de sa vie, Jeanne Devidal est restée murée dans son silence sur ces évènements qu’elle et Léonie ont partagés. Elles apprendront après la guerre que leur frère Lucien, qui s’était engagé dans la Résistance et porté disparu depuis son arrestation, est en fait décédé en déportation le 2 août 1944 dans le camp de Neuengamme en Allemagne.

 

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Saviez-vous que le 23 septembre 1926, Jeanne Devidal prête serment et débute une carrière professionnelle d’employée des PTT ?

Elle est nommée Dame employée à Chatou (Yvelines) où la rejoignent sa Mère, son frère Lucien et sa sœur cadette Marie-Henriette.
Deux années plus tard, le 22 septembre 1928, on inaugure un nouveau central téléphonique construit par l’architecte des PTT, Paul Guadet, situé rue Médéric dans le 17e arrondissement de Paris : le central “ Monceau-Carnot ” qui fut le premier à fonctionner automatiquement. Jeanne y est directement employée en comptabilité téléphonique et y travaillera durant 13 années. Elle et sa famille déménagent alors à Asnières-sur-Seine.

En octobre 1941, Jeanne est nommée receveuse des postes d’un petit village normand : BOUCÉ. Situé dans l’Orne, à côté d’Argentan, le village est occupé par les Allemands et le terrible Bernard Jardin, officier de la Gestapo ornaise, ne va pas tarder à sévir en arrêtant, torturant, exécutant, déportant, pillant et incendiant la Résistance…

© famille Devidal

 

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La famille DEVIDAL était originaire de BREST. Le 01/04/2020, je vous ai fait découvrir une photographie des 3 femmes venues vivre à Saint-Lunaire en 1947…

Voici aujourd’hui la photographie la plus complète qu’il existe de la famille DEVIDAL, certainement prise vers 1916. Le Papa : Pierre Devidal en est absent car décédé en 1913 à l’âge de 43 ans.

Sur la photo :
Debout de gauche à droite : Lucien Devidal (1905-1944), la Maman : Marie Devidal née Boulard (1874-1954), Pierre Devidal (1898-1920), Léonie Devidal (1902-1981) ;
Debout au centre : la cousine adoptée : Claire Cornec (1907-?) ;
Assises : à gauche : Jeanne Devidal (1908-2008), à droite, la Maman des neveux : Marie-Henriette Devidal (1909-1974).

© famille Devidal

 

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Dans les années 1980, le chanteur Dominic Sonic écrit, compose et joue son titre “La Folle de St-Lunaire”. Il s’imagine alors l’histoire de la bâtisseuse de cette “immense termitière” qui l’impressionne tant à chaque fois qu’il passe devant.

En octobre 2015, lors du tournage de mon film “La Dame de Saint-Lunaire”, il constatera : “Avec le recul, ce qui est rigolo, c’est ce qu’on en a fait de cette histoire… qui est complètement à côté de la plaque finalement… C’était pas une personne physique pour moi, c’était une Légende ! C’était Elle contre les Méchants !”

LA FOLLE DE ST-LUNAIRE

Il est un lieu étrange où couverte de terre
Se dresse une maison aux formes de termitière
Une pauvre femme s’y cache depuis quarante hivers
Cette femme que l’on surnomme la folle de St Lunaire

Que Dieu leur pardonne
Que Dieu leur pardonne tout

Nos glorieux résistants, à la fin de la guerre
S’empressant de punir traîtrises et adultères
Sans le temps d’un procès, ni même d’une prière
Cette femme fut rasée, chassée à coups de pierre

Que Dieu leur pardonne
Que Dieu leur pardonne tout

Descendants que vous êtes, de Judas décorés
Qui offraient aux teutons votre hospitalité
Sachez que cette femme dont la raison fut violée
N’avait que son honneur pour culpabilité

Que Dieu leur pardonne
Que Dieu leur pardonne tout

Album « Dominic Sonic » de Dominic Sonic
1991 – Barclay, 849307-2 (1 cd – 11 titres)
4e titre : La Folle de Saint-Lunaire
Dominic Sonic (chant, guitares, percussions, dorobo, kazoo)
Musiciens additionnels : Frédéric Renaud (guitare, choeurs), Pierre Corneau (basse),Bertrand Cantat (harmonica, chœurs), Blaine L. Reingier (violon), Jean-Claude Herry (batterie), Phil Erb & EC (boîte à rythmes), Gilles Martin (boîte à rythmes), Bandit (aboiements), Jean Cadic (guitares), Vincent Sizorn (guitares)

http://www.youtube.com/watch?v=-EGVyX4PHFA

 

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Jeanne Devidal repose au cimetière des Douets à Saint-Lunaire. Elle est décédée en juillet 2008 à l’âge de 100 ans.

Saviez-vous que c’est elle-même qui a fabriqué la pierre tombale ?

C’est en mars 1954, pour le décès de sa Maman, que Jeanne fabrique cette dalle avec son matériau fétiche : le ciment. Elle y gravera dans le ciment “ALM Lucien Devidal mort déporté” en hommage à son frère Lucien décédé à Neuengamme en 1944.

© Photographie : Agathe Oléron, juin 2016, cimetière des Douets à Saint-Lunaire

 

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Nous savions tous que Jeanne Devidal était une constructrice ! Je vous apprenais dans mon billet du dimanche 29 mars 2020 qu’elle peignait et qu’elle dessinait….

Mais saviez-vous qu’elle sculptait des bas-reliefs à l’intérieur de sa maison comme en témoigne son neveu, Pierre-Frédéric Proteau, dans mon film “La Dame de Saint-Lunaire” ? : “Il y avait des bas-reliefs, donc oui… Elle sculptait ! Personne ne le lui avait appris ! Elle sculptait dans le ciment… « La plage de Longchamp”… et elle mettait “Long Chant” car elle jouait beaucoup sur les mots… Donc “Longchamp” comme un “long chant”… Mais ça avait un côté un peu douloureux ce “long chant”… un long chant un peu douloureux, un peu dur, un peu pénible…“


© Photographie d’Olivier Tric, mars 1988, boulevard des Tilleuls à Saint-Lunaire

 

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Malgré Jeanne Devidal, sa demeure hors du commun devient, dans les années 1980, une attraction pour les touristes, une sorte de « lieu de pèlerinage ».
« Les gamins s’y font peur, les adultes jouent les curieux. Bref, on se presse pour tenter d’apercevoir “la folle” et voir sa maison. Plus surprenant encore, des tours opérateurs cochent son adresse sur leur itinéraire. Et voilà que des cars de touristes, notamment d’Asiatiques, s’y arrêtent durant leur périple sur la côte ! » : extrait de l’article signé Samuel Sauneuf, paru de 16 mai 2013 dans le Pays Malouin.

La presse s’empare alors du sujet et Jeanne passe même sur le petit écran !
Dans le Journal du Midi d’Antenne 2 du 26 décembre 1983 est diffusé un reportage de 6 minutes sur Jeanne et sa construction (journaliste : Pierre Champetier). Deux jours plus tard, le 28 décembre 1983, c’est au journal Libération de lui consacrer un article en page 5, celui-même que je vous présente aujourd’hui !

© AFP George – Libération du 28 décembre 1983

 

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Voici une photographie de ces 3 femmes qui arrivèrent à Saint-Lunaire en 1947 : à gauche Jeanne Devidal (1908-2008), à droite sa sœur aînée Léonie Devidal (1902-1981) et au centre leur Maman Marie Devidal née Boulard (1874-1954).
Elles vivront tout d’abord avenue du Général de Gaulle puis, à partir de 1950 dans la maison du boulevard des Tilleuls.

Lors de mes recherches et à plusieurs reprises, j’avais entendu dire que Jeanne Devidal ne vivait pas seule dans sa maison : effectivement !
Léonie restera à Saint-Lunaire jusqu’en novembre 1953 et leur Maman décèdera en mars 1954 à Saint-Lunaire.

C’est donc à partir de mars 1954 que Jeanne se retrouve seule à Saint-Lunaire et c’est aussi à partir de ce moment qu’elle commence ses constructions autour de la maison principale du boulevard des Tilleuls…

© famille Devidal

 

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Jeanne Devidal achète le terrain de l’avenue des Tilleuls, Longchamp, à Saint-Lunaire (à ce moment-là, on disait “avenue” et non “boulevard”) juste après la seconde guerre mondiale alors qu’elle vit encore à Boucé dans l’Orne. Comme nous l’avons vu précédemment (cf billet du 28/03/2020), elle viendra vivre à Saint-Lunaire, boulevard du Général de Gaulle, avec sa mère et sa sœur aînée dès 1947.

Elle entreprend alors les travaux d’une “construction à usage d’habitation” sur le terrain de Longchamp. D’après le témoignage des voisins, n’est-ce pas Cédric Jamet ? ;-), elle aurait pris les mesures de son terrain à l’aide… d’un parapluie !

Saviez-vous que c’est elle-même qui a dessiné les plans de sa future maison (plans de coupe, plans de masse, etc.) pour demander la délivrance de son permis de construire en novembre 1949 ?

En découvrant les dessins de ces plans, sa nièce Véronique Bonnefont s’étonne : “Où est-ce qu’elle avait appris à faire tout ça ? Quand même !!! Elle était receveuse des PTT ! Elle n’était pas architecte !”

© famille Devidal

 

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Le Saviez-vous ?

Michel Penhouët, lorsqu’il avait 20 ans, a signé l’un des tous premiers articles de presse sur Jeanne Devidal : en 1975 dans le journal universitaire « Sésame » n°26, alors qu’il était étudiant à l’IUT de journalisme de Tours. Émerveillé et intrigué par cette femme et sa construction qu’il connaît depuis son enfance, il l’avait rencontrée pour l’interviewée. “La Légende qui courait à l’époque était qu’elle avait été prisonnière, torturée, déportée…”
Jeanne Devidal l’avait reçu très gentiment chez elle et lui avait offert un jus de poires. Puis elle lui avait montré les nombreuses factures des matériaux qu’elle se faisait livrer, car elle se faisait livrer énormément de matériaux de construction depuis des années ! Michel Penhouët comprend alors qu’elle cherche à se protéger et que pour ce faire, elle construisait une sorte de “carapace” tout autour de sa maison principale…

Voici son article intitulé « La Maison de la Folle – Château en Espagne ».

© Michel Penhouët, journal universitaire de l’IUT de journalisme de Tours “Sésame” n°26, janvier-février 1975

 

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Été 2015, en fouinant leurs archives personnelles, la famille de Jeanne Devidal retrouve 45 cartons de la boutique “Chez Jeannette” avec, aux versos de ces cartons, des dessins faits par leur Tante !
Ces dessins sont principalement réalisés au crayon à papier et au stylo bille bleu, parfois rehaussés au crayon de couleur violet ou vert. Leur format est celui du carton : 118 x 79 mm. Que représentent ces dessins ? On y devine des formes, des paysages mais surtout des visages… Voici l’un d’entre-eux ! © famille Devidal.

Aviez-vous déjà vu les dessins de Jeanne Devidal ? Saviez-vous que chez elle, elle peignait et dessinait en plus de construire et sculpter ?

 

illustration chronique

Juste après la 2e guerre mondiale, dès 1947, Jeanne Devidal, sa mère et sa sœur Léonie s’installent à Saint-Lunaire, avenue Charles de Gaulle. Elles ouvrent alors une petite boutique dans le pavillon du Grand Hôtel qu’elles appellent “Chez Jeannette”. Voici le carton de la boutique ! © famille Devidal.

Avez-vous entendu parler de cette boutique ? Avez-vous des informations, des témoignages, des photographies, etc. à ce sujet ?

 

illustration chronique

Bonjour à tous,
Cette période bien particulière de confinement nous fait replonger le nez dans nos archives personnelles… Aujourd’hui, j’ouvre grand ma valise étiquetée “La Dame de Saint-Lunaire” : elle est archi-pleine, elle déborde de tous ces documents, de tous ces témoignages que j’ai collectés durant des années pour réaliser mon film…
Sur ces semaines de confinement, je propose de partager avec vous le contenu de cette valise en vous faisant découvrir un document inédit par jour en lien avec l’histoire de Jeanne Devidal.
Alors, à demain !

© Photographie : Pascal Pignol, 1981